Grâce à quelques adjoints de l’agglomération — que le ciel leur rende au centuple leur géniale initiative — nous avons désormais l’immense privilège de participer à la vie civique, citoyenne et écologique. Et surtout, de faire le travail des éboueurs à leur place.
La cerise sur le gâteau ? Chacun peut, sur son « chemin de vie » — comme l’a si bien justifié un employé de l’agglomération lors d’une de ces interminables réunions destinées à nous faire avaler la couleuvre —, profiter de cette expérience enrichissante.
Ce fameux chemin de vie nous impose des détours, nous oblige à prendre notre diesel qui pue (pour les plus modestes, bien sûr ; les autres, ceux qui roulent en Tesla, ont droit à un bon point écologique), à consommer du carburant, à nous salir les mains, le pantalon, la jupe, ou même le slip. Le tout pour la joie unique de jeter nos poubelles dans des conteneurs… qui, une fois sur deux, sont entourés de dépôts sauvages d’ordures.
Car les cochons, voyez-vous, sont une espèce particulièrement prolifique, pire que le crabe vert du Pacifique. Et nous, nous avons la chance de bénéficier de toutes ces attentions.
Et ce n’est pas tout ! Nous avons aussi le privilège de payer la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Voilà la vraie écologie : des éboueurs qui, entre deux congés maladie et trois formations, continuent d’être payés à ne rien faire, tandis que nous faisons leur travail sur notre chemin de vie. Ce n’est pas que de la vraie écologie, c’est aussi du vrai socialisme pur et dur : quoi que vous fassiez, on vous prend votre fric, salauds de riches.
En prime notre argent fait travailler une société chargée de l’enlèvement des conteneurs, qui a même des camions immatriculés en Suisse. Nous sommes tous internationalistes, pas vrai ?
Et nous devrions remercier ces adjoints visionnaires pour cette idée lumineuse. Pour une fois, non seulement ils ont été généreux avec l’argent des autres, mais en prime, ils l’ont été avec la peine des autres. Là, ils dépassent même Lénine et Staline, Mélenchon et la miss Tondelier. Formidables, n’est-ce pas ?
Au fait, qui sont ces génies ? Sauront-ils surmonter leur modestie naturelle et nous faire connaître leurs noms ? Car, il nous faut d’urgence lancer une souscription pour leur ériger une statue équestre.
C’est très simple : faites comme à Annemasse et le résultat sera assuré. Ce n’est pas Thonon qui démentira.





On apprend que ses œuvres graphiques à deux balles, que chacun peut produire en dix secondes, sont clouées aux murs, et réservées à l’admiration des foules. Enfin, la foule est surtout celle des enfants des écoles qui sont obligés de visiter ce lieu.




Il ne fallait surtout pas que le « marché » puisse décider de cet espace. Quelle horreur ! Vous imaginez, des socialo-communistes, façon pastèque, qui accepteraient que dans cette matière qui relève du pouvoir, de leur pouvoir, l’infâme marché puisse s’exprimer. Non, il fallait que dans la logique stalinienne, l’organe central, le Politburo local en décide. Alors l’invention s’est donnée libre cours. Un architecte génial, génial parce que surtout il disait de lui qu’il était génial, a proposé au conseil municipal des bâtiments aux façades verdoyantes, débordant de plantes et de fleurs. Et ça a marché. Les élus, bouche bée, ont voté son projet, le projet du promoteur retenu pour la ZAC.
Puis est venue la gueule de bois du lendemain qui devait chanter éternellement, mais déchante cruellement. Pas une plante. Des façades tristes, qui se dégradent. Une zone.Toute la question est de savoir si les élus, leurs « services », remplis de bureaucrates, font mieux que les intiatives privées. Que se serait-il passé si l’espace de Chablais Parc avait été laissé à l’initiative de ses propriétaires ? Petit à petit, au rythme où s’édifient les villes, les vides se seraient comblés. Naturellement.